Mots japonnais

Mushin

Mushin : esprit vide

Mushin
  • Mu : vide ; Shin : esprit Littéralement traduit Mushin est un esprit vide. Cette notion peut être notoirement incomprise pour un occidental, en effet depuis le fameux « je pense donc je suis » mettre en avant cette absence peut être interprété de manière particulièrement négative… Cette perspective serait bien trompeuse.
  • Mushin est un état d’esprit dépourvu de toute pensée, de toute intention et de sentiment; il s’agit d’un état d’esprit dans lequel ni soi-même, ni autrui n’existent, esprit entièrement libéré et qui ne laisse place à aucun préjugé tel que « comment attaquer l’adversaire ? », « comment empêcher son attaque ? », »comment vaincre l’adversaire ? », « Comment ne pas se faire vaincre par lui ? », etc., etc. Mushin c’est le contraire d’un mental omniprésent, c’est a dire le mental qui se fixe sur un point et qui devient « superficiel ».
  • Mushin peut être l’étape ultime ou plutôt idéale à laquelle l’entraînement du corps et de l’esprit pourrait éventuellement amener le pratiquant.

Meiyo

Meiyo : Honneur

Meiyo
  • L’idéogramme de Meiyo contient 2 kanji. Mei veut dire nom et Yo veut dire réputation, honneur, gloire. Cette qualité consiste donc à se faire un nom, une réputation, par ses agissements glorieux et dans l’honneur. Meiyo implique l’ensemble du Bushido car un manquement ne serait-ce qu’à une règle entraîne de facto un déshonneur.
  • Le manquement à l’honneur est pire que la mort pour le samouraï. Une façon de regagner cet honneur est le Sepuku (improprement nommé Harakiri): le suicide rituel. Cet acte était réservé aux samouraïs. Ceux-ci préferaient mourir que de vivre dans la honte et le déshonneur.
  • Meiyo est donc la qualité fondamentale. Nul ne peut se prétendre Budoka s’il n’a pas une conduite honorable. Du sens de l’honneur découlent toutes les autres vertus. Il exige le respect du code moral et la poursuite d’un idéal, de manière à toujours avoir un comportement digne et respectable. Il conditionne l’attitude et la manière d’être vis à vis des autres.

Kokoro

Kokoro : a le sens de coeur, sans désigner le coeur …!

Kokoro

Le texte qui suit provient du Courrier international – n° 514 – 7 sept. 2000 La calligraphie est de Michiyo Yamamoto

  • Fallait-il traduire kokoro par « coeur » ou par « âme » ? Voilà, en tout cas, un terme polysémique dont la complexité sémantique se trouve amplifiée par la combinaison d’un signe chinois – qui fait référence au coeur en tant qu’organe vital et, par le jeu des associations, à la centralité, à ce qui est essentiel, et par conséquent à la dimension spirituelle – et d’un mot japonais qui désignait les viscères avant d’évoquer le siège des processus mentaux, par opposition à tout ce qui relève du physique. Ainsi, selon que l’on écrit l’idéogramme ou que l’on prononce le mot, le sens change subtilement, ce qui permet la création de multiples nuances exprimées dans une myriade d’expressions, dont celles de kokoro wo kubaru (« distribuer son coeur »Smilie: ;),kokoro wo kumu (« puiser dans le coeur d’autrui »Smilie: ;), kokoro wo majiwasu (« interconnecter les coeurs »Smilie: ;).
  • Ces locutions semblent dire que l’incommensurable altérité qui sépare les individus peut être surmontée si l’on s’appuie sur l’échange, la connexion, la mise en réseau ; elles montrent au moins l’existence de ressources linguistiques pour penser l’acceptation de l’autre dans une société qui a longtemps privilégié le principe communautaire

Kazuhiko Yatabe

Wa

Wa : harmonie…..

Wa
  • Ce terme de Wa est généralement traduit en français par « harmonie », mais, en réalité, il n’y a pas de mot qui corresponde à ce terme en français. Wa est plus qu’un mot c’est un concept dont la notion renvoie à la forme idéale du groupe, d’une part exempté de toute aspérité dans le rapport interpersonnel et qui, d’autre part, repose sur un consensus entre ses membres pour constituer un ensemble homogène, apte à défendre la cause collective.
  • L’importance qu’accorde la société japonaise à ce concept de Wa est visible dans le fait que Wa est aussi utilisé comme synonyme de ce qui constitue la culture japonaise traditionnelle.

Extraits de l’annexe I écrite par Suzuki Masaaki et Bruno Etienne dans le livre de Ken’ei Mabuni « La voie de la main nue ».

Shizentai

Shizentai : Shi = je, Zen = naturel, Tai = corps.

shizentai
  • C’est la position de base debout naturelle. Dans la position Shizentai, on est stable et équilibré de manière à réagir à n’importe qu’elle attaque d’où qu’elle vienne à n’importe quel moment.
  • Le corps doit être bien droit par rapport à un axe vertical passant par le centre de gravité. Le dos est bien droit. Les épaules et les bras sont décontactés. L’abdomen est légèrement tendu. Les pieds sont légèrement écartés ou décalés : migi shizentai (position naturelle pied droit devant), hidari shizentai (position naturelle pied gauche devant).
  • Le port de la tête est important, le menton est rentré, le visage et les yeux sont dirigés droit devant. Il faut être concentré sur son attitude et ne pas se relâcher ou être distrait ce qui ne signifie absolument pas que l’on est contracté ou raidi ; attitude particulièrement négative car elle ne permet pas de réagir immédiatement.

Zanshin

Zanshin : littéralement : « laisser, demeurer, l’esprit »

shizentai

Voici quelques interprétations trouvées ici ou là sur le web

  • Zanshin : un maître de kendô expliquait ce qu’est le zanshin de façon imagée ainsi : si on a une tasse de thé remplie et qu’on jette brusquement le contenu, le zanshin c’est la goutte qui reste au fond de la tasse. Une fois une action terminée, l’esprit est là encore : c’est cela le zanshin (qu’on traduit grossièrement par état de vigilance)
  • Zanshin est un terme de Budo, qui désigne la vacuité de l’esprit serein jusqu’au but. Parce que l’esprit est libre, parce qu’il est en paix, il est immédiatement disponible : ici et maintenant.
  • Zanshin : c’est cette capacité d’éveil, d’écoute qui permet d’intégrer tous les paramètres d’une situation belliqueuse (menace, rythme, contrôle) et qui permet au bout du compte de la maîtriser qu’elle qu’en soit l’issue.

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